Publié par : Claude Marchis | 12 février 2011

L’ami de l’homme associé dans la recherche génétique

Publié dans Le Tarn Libre du 11 mars 2011

Le Pinsher Doberman

Le chien est le meilleur ami de l’homme. Depuis plus de dix mille années, il n’a cessé d’apporter son concours aux évolutions de la civilisation humaine. Quand l’homme chassa, se mit à faire de l’élevage, exploita la terre, le chien était toujours à nos côtés. Or, depuis un peu plus d’une dizaine d’années, cet animal domestique est devenu aussi un associé des chercheurs génétiques, en livrant ses gènes liés à des comportements caractéristiques de certaines races, parfois excessifs chez les canins qui pourraient donner des pistes dans les recherches des troubles neuropsychiatriques humains.

Les sélections de race depuis de longues années ont permis de mettre en exergue certains comportements des chiens. Ainsi, le Berger Collie souffre d’une phobie du bruit. Cinquante pour cent d’entre ne supportent pas les bruits explosifs, 10% en souffrent sévèrement. La détection du gène d’anxiété chez le Berger Collie peut aider la recherche génétique de l’anxiété chez l’homme. Les généticiens se sont intéressés aussi au Doberman Pinsher qui présente souvent des comportements compulsifs obsessionnels, aux Dalmatiens souvent prédisposés à la surdité ou momentanément sujets à l’agressivité. Bref, des comportements dont l’analyse génétique permettrait d’apporter des solutions chez l’homme. Statistiquement, 40% des 77,5 millions de chiens aux US présentent ces caractères excessifs qui chez l’homme sont de l’ordre d’un désordre neuropsychiatrique.. Or les gènes des chiens sont relativement faciles à déchiffrer et peuvent apporter des indications dans les analyses des génomes de l’homme nettement plus complexes.

Par des prélèvements ADN totalement inoffensifs et indolores, dans le plus strict respect des chiens, en associant leurs connaissances, les généticiens outre-manche, outre-atlantique, japonais ont instauré une véritable banque d’informations génétique des chiens (GWAS ‘genome wide association studies’). Ces études ont déjà porté ses fruits. Vers les années 90, Emmanuel Mignot, un français biologiste à l’université de Stanford aux US a longuement étudié les gènes de la maladie des troubles du sommeil. Le Pinsher Doberman sujet à la narcolepsie (endormissements diurnes fréquents) a largement aidé le chercheur dans ses travaux, en livrant le secret d’un gène responsable d’une fonction neurotransmettrice de l’hypocrétine dont un défaut de régulation entraine des désordres du sommeil. Le chantier des recherches est vaste mais le développement des sciences génétiques par l’analyse des génomes du chien permet d’espérer encore des améliorations de traitement dans les pathologies du cancer, les maladies cardio-vasculaires, ou les désordres neurologiques.

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