Publié par : Claude Marchis | 16 juin 2011

Parkinson : les recherches génétiques (version étendue)

Tremblements des doigts, puis des mains, des bras, raideurs des muscles, douleurs, il devient difficile de se lever, la posture se courbe, la marche pénible, la parole difficile, le visage inerte : ce sont quelques signes cliniques de la maladie de Parkinson. On sait qu’elle est provoquée par la dégénérescence des cellules nerveuses (neurones) se situant à la base du cerveau, la zone de la « substance noire ». Ces neurones génèrent un neurotransmetteur, la dopamine, dont le manque conduit à un dérèglement des contrôles moteurs. En d’autres endroits du système nerveux, ces affections neuronales se traduisent par des problèmes cognitifs, non-moteurs . Médecins et chercheurs sont ainsi confrontés à une maladie dont les effets sont connus mais diffus, et malgré la découverte par une équipe américaine en 1997 de la protéine alpha-synucléine qui pourrait être responsable des différentes dégénérescences de neurones, la difficulté reste de cibler l’origine de ce mal.

des souches de neurones

 

Médication et transplantation de cellules

Le médecin a la tâche héroïque de soulager le patient en combattant les effets de la maladie sans parfois bien en saisir la cause. Cependant, depuis les années 60, la médication n’a cessé d’évoluer avec la synthèse du L-Dopa à base de dopamine, dont la prescription améliora considérablement les problèmes moteurs des patients. A partir de 1985 des transplantations de cellules de la glande surrénale, sources de dopamine, se révélèrent assez efficaces . Ces médications et techniques constituent encore aujourd’hui le traitement incontournable de la maladie de Parkinson. Dans un proche avenir, d’autres substances pharmaceutiques en cours de validation, devraient améliorer l’effet du L-dopa en intervenant sur les effets secondaires (nausées, confusions mentales). Aussi, des laboratoires industriels internationaux sont en passe de proposer d’autres médications pour lutter contre les troubles cognitifs de la maladie et la résistance de l’organisme aux médicaments.

Stimulation électrique des neurones

Quand la dopamine n’est plus possible, la maladie peut-être traitée par stimulation des neurones dans certaines zones du cerveau. Par cette technique spectaculaire, certains contrôles moteurs déficients peuvent rétablis rétablis. La DBS (Deep Brain stimulation) consiste à introduire en chirurgie une sonde électrique dans le cerveau. Celle-ci est reliée à une batterie implantée sous la peau, généralement sur l’omoplate. Environ 50000 patients sont ainsi soignés. Mieux encore, depuis la découverte à l’université de Stanford1 de connections entre certaines régions périphériques et la base du cerveau où se situent les cellules malades, une stimulation électromagnétique au dessus de la boîte crânienne, sans chirurgie, devrait exciter les neurones affectés et freiner l’évolution de la maladie.

La génétique pour cibler les cellules déficientes

La maladie de Parkinson est une maladie neuro-dégénérative. La compréhension des échanges chimiques et physiologiques dans le système nerveux est indispensable pour traiter efficacement la maladie. Karl Desseroth et son équipe, ont réussi à activer ou désactiver des cellules nerveuses de souris, dans lesquelles on a introduit par modification génétique, une protéine sensible à la lumière. Et par excitation lumineuse , on arrive à contrôler les effets cliniques. Le catalogue de gènes humains est bien plus complexe que celui de la souris, mais les recherches s’orientent dans cette direction et déjà un groupe restreint de protéines qui seraient impliquées dans la maladie ont put être répertoriées.

Puisque la maladie de Parkinson est provoquée par la mort des cellules, un des moyens de guérison serait de les remplacer par des cellules jeunes, prélevées par exemple sur des embryons. Des autopsies ont malheureusement montré que ces cellules greffées étaient à leur tour attaquées . Si le remplacement des cellules reste bénéfique, étant donné que la maladie apparaît avec le vieillissement, la rareté des sources de prélèvement limitent l’usage de cette thérapie. L’espoir réside plus dans la fabrication artificielle de souches de cellules : en prélevant des cellules sur la peau du patient, annihilant ainsi tout risque de rejet, et en les reprogrammant à partir d’un cocktail de gènes, ces cellules une fois réimplantées reproduiraient d’autres cellules nerveuses, capables elles, en fonction de leur modification génétique, de générer la dopamine dont l’absence est responsable de la maladie.

La recherche génétique est la clé de nombreuses guérisons. Cependant se posent des problèmes éthiques qui interpellent les politiques, Les manipulations génétiques, les recherches embryonnaires suscitent la prudence à ceux qui sont mandatés pour définir l’ordre moral et civique, particulièrement en France, ou le principe de précaution étouffe trop souvent les rares initiatives.

1Karl Deisseroth, neurobiologiste et son équipe de Stanford (Californie)

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