Publié par : Claude Marchis | 19 juillet 2011

Un indigné parmi d’autres

 

Paru dans le  Tarn libre du 15 juillet 2011

Les français ont tendance à garder secret leurs revenus et considèrent souvent la richesse comme une provocation. Aptitude bien étonnante dans ce pays où les privilèges ont été abolis voilà plus de deux siècles. L’argent est de nos jours le fruit du labeur, d’entreprises quelquefois à hauts risques, d’études longues et sélectives pour un métier de prestige. Il en va différemment pour les carrières politiques du fait même qu’elles sont naturellement temporaires. Les élus du peuple perçoivent des indemnités de l’État confortables à juste titre, pour exercer dans les meilleures conditions leurs mandats et compenser l’éventuelle période d’inactivité professionnelle. Seulement, l’ampleur des sommes versées aux questeurs du sénat révélées par le site Médiapart et le Tarn Libre du 1er juillet ont laissé perplexe plus d’un contribuable. Qu’importe! Mais la polémique du sénateur Pastor à propos d’une tricherie non avouée mais pourtant évidente, suivie d’un mensonge a fait que la perplexité a laissé la place à l’irritation. Passons, on peut considérer ce fait comme un dérapage du même acabit que le méfait peu glorieux de l’employé qui « emprunte » subrepticement des matériaux pour construire sa propre maison. La nature humaine est loin d’être parfaite. Ce qui fâche réellement, c’est que ces conduites légères, qui ne concernent certes pas l’ensemble des élus, ravivent encore plus notre déception dans leurs capacités à traiter les véritables problèmes du pays. Dans leur frénésie à légiférer, ce qui limite au fur et à mesure nos espaces de liberté, nos représentants sont trop souvent manipulés par l’opinion publique, cliché d’un instant des expressions du peuple, sans prendre la distance suffisante et sans quelquefois intégrer les préoccupations des minorités. Loin des véritables problèmes de société comme le chômage, le sur-endettement, les échecs du système éducatif, ils participent à un processus dangereux qui fait que l’État prend trop souvent la place du citoyen dans son pôle de décisions. Le mécontentement progresse dans les populations, le mouvement des Indignés en Espagne en est une preuve alarmante. Il est temps que les élus parviennent enfin à écouter les rumeurs du peuple, de ceux qui sont indignés.

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