Publié par : Claude Marchis | 6 septembre 2011

L’impassibilité nationale face à la crise

Publié dans le Tarn libre du 28/10/2011

Alors qu’on annonçait un espoir de reprise, les tentatives velléitaires de nos représentants, ceux qui ont reçu nos suffrages, ceux qui ont le pouvoir d’orienter une politique capable de lutter contre la récession, n’ont fait qu’insuffler un vent de panique dans l’opinion publique. Les dernières promesses de réformes ministérielles, dérisoires et déroutantes, n’ont guère rassuré et les élus demeurent impassibles devant la gravité de la situation économique minée par le sur-endettement. L’enjeu est pourtant de taille.

Il existe plusieurs manières de combattre ce fléau datant de plusieurs décennies. Certes, la plus démagogique et courante est de faire rentrer de l’argent pour rembourser la dette publique s’élevant à la somme astronomique de 1640 milliards d’euros. C’est ce que pratiquent à bras raccourcis nos élus. Des taxes, obligatoirement injustes quelque part, des hausses d’impôts, qui seront maquillées en refonte fiscale, pourront-elles assécher le torrent de la dette? L’autre remède serait de travailler plus, mieux, et de faire des bénéfices avec lesquelles il serait possible de renflouer le lourd passif, autrement dit d’augmenter le produit intérieur brut. Encore faudra t-il s’assurer la confiance des actionnaires, de ceux qui détiennent les ressources et font la richesse de notre pays bien qu’ils soient menacés par des prélèvements exorbitants. La troisième solution, la plus urgent, celle qui devrait être appliquée immédiatement, consiste à diminuer les dépenses de l’état et des collectivités. Il devient nécessaire de repérer les secteurs de gaspillage pour lesquels des mesures de restriction doivent être appliquées comme il est impératif de déterminer une échelle de priorité dans les futurs projets. Même si cette contrainte dans les dépenses n’est pas démagogique pour les élus, si elle n’apparait qu’en filigrane dans les lignes des programmes des candidats à la future investiture présidentielle, elle reste la seule efficace, l’écueil le moins douloureux avant de tomber dans le chaos que connaissent malheureusement la Grèce, le Portugal. Trop de gaspillages sont évidents pour qu’on ne puisse pas être outrés. Trop de préoccupations égoïstes, autistes, de certaines catégories professionnelles ou associations dont les finalités demeurent trop confinées dans le périmètre de leur propres communauté, indifférentes à l’intérêt général, notamment en cette période de rentrée, heurtent la dignité de ceux qui déjà, souffrent considérablement de la crise.

Les élus doivent faire leur choix entre une stratégie électorale de court terme ou l’ ambition de redresser le pays en se battant courageusement et efficacement contre l’endettement responsable de la crise financière. Malheureusement, ceux à qui nous avons confié les manettes du pouvoir, trop préoccupés par leur succès électoral, préfèrent les programmes d’actions essoufflés des partis politiques établis, sans avoir bien compris que leurs campagnes espéraient atteindre une majorité qu’illusoire. Or, il existe une masse populaire neutre, celle du quotidien, indifférente aux partis, révélée par le taux d’abstentionnisme aux élections territoriales. La représentation des citoyens est faussée par la suprématie des partis et le choix de nos élus pourrait nous mener, vraisemblablement après mai 2012, vers des extrémités inexorables, vers une faillite inéluctable qui affectera durement la population. Baisse des salaires des fonctionnaires, des retraites, des indemnités de chômage, nouvelles taxes, nouveaux impôts, dégradation de la couverture sociale : de telles sanctions nous menacent.

Une politique de rigueur, incontournable, consiste d’abord à limiter les excès de dépenses, à privilégier les projets qui promettent un retour sur l’investissement. C’est un effort que devra mener la population entière. Il est urgent de dénoncer les projet fastueux ou inutiles. Ainsi, nous devons faire cesser les réalisations de certains projets, particulièrement ceux qui ont suscité tant de polémiques. Si l’état doit rester solidaire de ceux qui sont dans la nécessité, nous devons cependant freiner les politiques d’aide sociale abusives, limiter les actions où l’état s’insinue abusivement dans des secteurs qui relèvent plus de la responsabilité individuelle et familiale. Des aménagements communaux, territoriaux peuvent être reportés, conseillers, maires doivent apprendre à privilégier l’intérêt général en économisant.

Face à cette masse d’argent inimaginable et angoissante, de cette dette dont on se demande si un jour il sera possible de la rembourser, il est temps de prendre conscience du marasme économique. La splendeur d’une nation n’est pas éternelle, messieurs les élus, soyons humbles et solidaires, et évitons que notre civilisation bascule dans un néant financier et social.

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