Publié par : Claude Marchis | 3 novembre 2011

Une nouvelle ère de vaisseaux


Sans nul doute, l’épopée de la conquête de l’espace a démarré au siècle dernier avec la fusée à damiers rouges et blancs dessinée par Hergé dans Tintin « Objectif lune ». Mieux qu’une fiction, plus qu’un rêve, elle a influencé à coup sûr les astronomes dans la conception des vaisseaux de l’espace. Cette course à la recherche spatiale que mènent de nos jours les Russes, Américains, Européens, Japonais, mais aussi Chinois, Brésiliens, Coréens, Israéliens,Ukrainiens et d’autres a été marquée par les navettes spatiales américaines, ces engins qui décollaient comme une fusée et atterrissaient comme un avion et dont les trente années de consécration à la science se sont terminées le 21 juillet 2011 par un dernier décollage d’Atlantis. Les missions héroïques de ces navettes, Enterprise, Challenger, Columbia, Discovery, Atlantis et Endeavour permirent des avancées remarquables dans la recherche planétaire. L’une d’elles, Discovery fut impliquée dans la construction de l’ISS, station internationale, véritable laboratoire orbitant autour de la terre. Cette histoire de pionniers fût certes ternie par des dépenses dépassant de loin les budgets et par deux accidents qui coutèrent la vie des équipages en 1986 lors du lancement de Challenger et en 2003 lors de l’atterrissage de Columbia. Certains journalistes commentant l’arrêt pourtant programmé de la navette spatiale, l’interprétèrent maladroitement comme la fin de l’épopée des lanceurs de l’espace. Il n’en est rien. Chercheurs et ingénieurs ont su tirer les conséquences de ces incidents malheureusement dramatiques et concevoir des modèles mieux sécurisés, mieux adaptés à différents types de mission, tout en sachant se maintenir dans des contraintes budgétaires imposées par les états. Les chercheurs de ces nations impliquées dans un projet mondial travaillent dorénavant ensemble, loin de toute compétition inutile, tournant le dos à cette stratégie de domination qui sévissait dans les années 60 entre l’URSS et les Etats-Unis.

Le planning des lancements, disponible sur internet, révèle le dynamisme de la recherche et la profusion des véhicules spatiaux. Ainsi, les nouvelle version des lanceurs russes Soyuz, capables d’emporter jusqu’à 8 tonnes de charge utile, continueront à assurer les prochaines semaines le ravitaillement de la station internationale. Le 14 novembre Ariane V, un des derniers modèles de l’agence européenne spatiale, exécutera sa mission de mettre en orbite deux satellites. Atlas 5, fusée lourd porteur de charge utile jusqu’à 25 tonnes, décollera de Cap Canaveral, le 25 novembre, pour emporter le rover Curiosity sur Mars; Falcon9 lanceur réutilisable, lancera Dragon, un nouveau venu de vaisseau spatial.


Falcon9

la capsule habitable Dragon


Dragon , un projet de vaisseau spatiale réutilisable

Développé par SpaceX pour les services de transports orbitaux de la NASA, Dragon est un vaisseau spatial capable d’emmener jusqu’à 6 tonnes de matériel et 7 membres d’équipage. Le choix par la NASA et SpaceX de la fusée Falcon9 pour son lancement, marque une nette rupture avec le choix conceptuel des navettes maintenant en retraite. Pourvu d’autonomie grâce à ses panneaux solaires se déployant largement, il commute rapidement en mode pilotage manuel par l’équipage. Principalement destiné à effectuer des navettes vers l’ISS, ce vaisseau polyvalent se verra aussi affecté à des missions de recherche et d’expérimentations spatiales sous le nom commercial de DragonLab. Ses retours sur notre planète s’effectueront par amerrissage avec parachute de freinage.

Certes, nous sommes encore loin d’un type réseau de transport planétaire au confort égal à celui du RER mais avouons que les lancements dans l’espace sont devenus si habituels de nos jours qu’ils ne défrayent plus guère les chroniques.

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Responses

  1. Precis clairs et loin d’etre sensationnaliste. A t il ete publie?
    Un dernier point, suite a un accord entre l’Europe et la Russie, les fusees Soyouz peuvent desormais etre lance depuis la Guyane (le premier lancement a eu lieu recemment, il s’agissait de 2 satellites de la constellation Galileo, le GPS europeen). L’astroport de la guyane se diversifie aussi avec l’arrivee des fusees Vega de faible portance mais qui seront utiles pour le lancement de micro-satellites et satellites d’observations de la Terre. Premier lancement depuis la Guyane prevu debut 2012.

    • Merci pour ces précisions supplémentaires. Cet article sera publié dans le Tarn libre, chronique « découvertes », probablement vendredi 11 nov.


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