Publié par : Claude Marchis | 21 janvier 2012

Des planètes dans la Voie Lactée

Ce mois-ci, le journal «Astrophysical» annonça la découverte de Kepler 22b, une planète extra-solaire qui présente des caractéristiques semblables à celle que nous habitons. Deux fois la taille de la Terre, orbitant autour d’une étoile identique au soleil, dans une zone dite «d’habitabilité», une région comparable à celle du système solaire entre Vénus et Mars où les conditions de vie sont favorables. Cette planète met 290 jours pour tourner autour de son étoile nommée Kleper 22. Les scientifiques s’interrogent aujourd’hui sur des éléments déterminants concernant sa composition, la présence éventuelle d’eau, d’atmosphère… Pourvue d’une atmosphère avec un effet de serre comme sur la terre, elle aurait une température moyenne entre 20 et 25° C. Des confirmations sont attendues, cet été, grâce aux différentes mesures des télescopes terrestres, notamment par Keck II situé à 4145 mètres sur le mont Mauna Kea à Hawaï.

A ce jour, Kepler 22b est la plus intéressante des 2000 exoplanètes découvertes par le télescope spatial Kepler chargé de scruter une partie de la voûte céleste dans les constellations du Cygne et de la Lyre. Le télescope Kepler, développé par la NASA, lancé en mars 2009 s’honore déjà d’un palmarès de deux mille planètes candidates dans ce petit coin de l’univers. La méthode d’observation consiste principalement à mesurer avec une extrême précision les faibles variations de luminosité causées par le passage éventuel des planètes. Les chercheurs de l’équipe Kleper ont classifié les planètes extra-solaires et onze d’entre elles auraient des caractéristiques proches de celles de la Terre.

Des planètes autour des étoiles, pas une exception mais une règle générale

La recherche en planétologie est partagée par les astronomes du monde entier. Une publication récente de l’ESO (Europeen Southern Observatory) avec le titre évocateur « Planet population is plentiful », conforte l’idée de l’existence d’autres mondes. Une équipe internationale, dont l’Institut Astrophysique de Paris en est membre, ont étudié pendant plus de seize années des milliers d’étoiles à l’aide de télescopes terrestres en utilisant une technique dite de «lentille gravitationnelle». Cette méthode utilise les principes vérifiés de la théorie de la relativité générale d’ Einstein qui affirme que l’espace se contracte et se courbe auprès des masses importantes comme celles des étoiles et qu’ainsi les rayons lumineux se dévient autour d’elles comme une loupe concentrant la lumière et grossissant l’image. Cette méthode d’observation consiste à aligner un astre en arrière plan qui va fournir de la lumière avec l’étoile candidate à étudier et les planètes éventuelles. Sachant que les étoiles se déplacent sensiblement sur la voûte céleste, l’observation est délicate, ces configurations d’alignements sont rares et ne peuvent pas perdurer, mais cette technique permet de détecter des planètes plus petites grâce aux variations de luminosité amplifiées avec des moyens terrestres. L’équipe s’enorgueillit de la découverte d’une manne de sept cent exoplanètes qui feront l’objet d’études complémentaires. En fonction des mesures effectuées et des données en leur possession , la conclusion de cette équipe de chercheurs est édifiante : « la présence de planètes autour des étoiles n’est pas exceptionnelle mais régulière ».

Un réseau de télescopes en hémisphère sud, de l’Afrique du Sud et de l’Australie jusqu’au Chili, ont collaboré à ces découvertes. Malgré l’apport considérable des télescopes spatiaux, les techniques terrestres deviennent de plus en plus performantes et des projets de télescopes gigantesques voient le jour. Nous avons parlé récemment dans cette chronique du télescope international ELT et voici qu’on annonce une collaboration entre la Chine et l’Inde pour la construction, en fin de cette décade, du télescope TMT (Thirty Meters Telescop), qui serait muni d’un miroir de 30 mètres à Mauna Kea.

Si nous pouvons parier, aujourd’hui, sans trop se fourvoyer, que des planètes avec des traces de vie existent ailleurs, l’idée de s’y rendre un jour parait encore utopique. Un commentaire ironique, sur le web, à propos de l’annonce de la planète «jumelle» Kepler 22b située à 600 années-lumière mentionne un calcul avec la plus grande vitesse possible aujourd’hui, disons 10000 milles à l’heure : il faudra patienter pendant 965 millions d’années avant d’atteindre cette exoplanète proche à l’échelle de l’univers. Mais restons optimistes et faisons confiance aux génies de la science et de la technologie qui ne baissent pas les bras si facilement.

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