Publié par : Claude Marchis | 2 juin 2012

« Flying » in 2050, un colloque au niveau de ses défis

Publié dans le Tarn Libre


Plus de cent cinquante participants, en grande majorité directeurs, ingénieurs, scientifiques de prestigieuses compagnies aéronautiques internationales auxquels s’ajoutaient des étudiants supaero, honorèrent par leur présence le colloque intitulé « Comment volerons nous en 2050 » , organisé par l’Académie de l’Air et de l’Espace. C’est dans la salle du conseil de l’Hôtel de Région, dans ce bâtiment théâtral implanté sur une des berges de la Garonne que furent menées réflexions et débats afin de relever les nouveaux défis du secteur industriel aéronautique, sous la direction d’Alain Garcia, vice-président de l’Académie et président de la Commission Prospective. Des travaux réalisés préalablement par la Commission Prospective sur les perspectives du transport aérien, permirent d’établir une base de discussion. Se succédèrent des interventions d’experts confirmés qui développèrent leurs modèles d’analyses économiques mondiales du futur, des modélisations sur le développement du trafic aérien, des solutions innovantes tant pour la conception de nouveaux avions que pour les nouvelles sources d’énergies et de carburant, d’aéroports, d’utilisation des satellites, de système de navigation aérienne. Ces débats quelque soit le thème, ont su mettre en évidence une régularité des véritables enjeux de l’aérien, ceux d’offrir un service de qualité aux générations à venir, vital pour l’économie européenne et mondiale, respectant les contraintes écologiques accrues, de pollution et d’émissions de gaz à effet de serre. Toutes les idées exprimées convergeaient vers une approche d’intégration des disciplines de la construction aéronautique, des méthodologies et d’échanges transparents entre la recherche et l’industrie. Les intervenants et les participants sollicités pour chaque thème ou à la table ronde lors de la deuxième journée, ont donné la mesure de la complexité de ces nouvelles approches dans un cadre devenu très hypothétique compte-tenu des nombreuses variables difficilement déterminables, notamment les incertitudes béantes sur les réserves de pétroles, ou l’extrême sensibilité des modèles économiques dans une Europe en crise. Le temps a été maintes fois évoqué comme une contrainte déterminante, ainsi Gérard Théron, ancien directeur d’Airbus, dans son intervention «  Quelles énergies en 2050 » pose l’équation décisionnelle : En estimant qu’en 2050 on devrait consommer 450 millions de tonnes de carburant pour le transport aérien, à quel moment les décideurs devront réorienter les recherches en carburants alternatifs et mettre en œuvre les moyens industriels adéquat. L’intérêt du colloque tenait aussi à la différence d’approche des intervenants. Georges Ville, polytechnicien, une carrière consacrée entièrement à Airbus, offrit au public une perspective quantitative du trafic aérien en 2050, un véritable modèle mathématique. Dans un style différent, François Bellanger, spécialiste dans l’innovation des domaines de la mobilité et des urbanismes, auteur de « Y a-t-il un passager dans l’avion », au top départ départ de sa présentation mit en exergue la faculté imprévisible de l’humain à se créer des imaginaires, souvent très puissants parce qu’ils dictent nos modes de vie. Il s’opposa avec véhémence et talent aux projets d’innovations de confort dans l’avion, jugées selon lui décalées. Un colloque est aussi un lieu de débat contradictoire, notamment les critiques se sont-elles manifestées plusieurs fois en mettant en évidence des différences entre les modèles de perspective des experts et ceux des constructeurs aéronautiques concernant l’évolution du trafic; ou bien encore dans l’entendement quelque peu divergeant du concept de démocratisation de l’aérien entre Alain Garcia et l’intervenant Yves Crozet, professeur d’université, en poste à l’Institut d’Études Politiques. Les experts internationaux ont su aussi apporter dans leurs propositions un sentiment d’exaltation se prêtant bien au monde de l’aviation. Ce fut le cas, par exemple, au cours de la présentation de Muriel Brunet, chargée de mission à l’ONERA, lorsqu’elle traitait des modélisations futuristes, sinon artistiques des avions de l’avenir.

De cette masse de travail de deux jours d’échanges, un rapport final sera diffusé dans la communauté aéronautique. Est-ce ce lieu, cette terre tant attachée à l’histoire de l’aviation ou la présence dans l’assemblée de ceux qui relèvent encore les défis pour mieux voler, qu’on ait pu un instant se laisser envahir par l’imagination et voir se dessiner sur le large rideau du fond de la salle les silhouettes des pionniers, Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry …

Claude Marchis

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