Publié par : Claude Marchis | 13 février 2013

Danger météorites!

Publié dans Le Tarn libre du 22 février 2013

Image

Les astéroïdes suscitent doublement l’intérêt des astronomes. Ces corps solides de l’espace, météorites ou comètes, font l’objet de recherches planétologiques mais en dévoilant leur mystère au fur et à mesure des découvertes, les astronomes se sont  investis d’une mission de surveillance de notre planète du fait des risques de collisions éventuelles et catastrophiques avec ces nouveaux objets de l’espace.

Les observations d’équipes d’astronautes internationales au moyen de télescopes terrestres ou spatiaux ont permis d’établir un catalogue d’astéroïdes dont leurs masses ou leurs proximités présentent une menace pour notre planète. La NASA s’est engagée dans un programme d’études de ces objets à risque ou disent les anglo-saxons ces NEO : «Near-Earth Objects». Leurs trajectoires sont calculées avec une précision croissante et les probabilités de collision sont évaluées  et étalonnées de 0 à 10 selon l’échelle de Turin, une échelle validée par l’Union Astronomique Internationale en 1999. L’attention est particulièrement portée sur les astéroïdes géocroiseurs, ceux qui possèdent  une trajectoire autour du soleil assez proche de celle de la Terre, la croisant quelquefois, augmentant par conséquent le risque de collision.

Si aujourd’hui aucun astéroïde ne menace fort heureusement pas notre planète, les travaux ont révélé des dangers potentiels réels. Ainsi en décembre 2012, alors que les populations frémissaient d’angoisse à l’annonce d’une fin du monde prédite par le calendrier Maya, une nouvelle réjouissante est passée inaperçue dans ce tollé ambiant : une météorite nommée 2011AG5 identifiée en janvier 2011 présentait un risque de collision avec un indice de confiance évalué à 0,2%. Profitant de son passage près de notre terre, l’université de Hawaï, utilisant le télescope Gémini de 8m à Mauna Kea révisèrent les calculs. 2011AG5 passera finalement à 890.000 km de la terre, plus de deux fois la distance terre-lune, une infime distance à l’échelle cosmique. Les calculs ne présentaient pas d’erreur mais les conditions d’observations et la sophistication des nouvelles techniques ont permis de resserrer les tolérances et ont éliminé définitivement le risque.

Découverte en 2004, « Apophys » d’un diamètre de 270 m, croise deux fois par an l’orbite de la Terre autour du soleil.  Selon les observations et les calculs, une collision au 13 avril 2029 était à craindre, évaluée à l’indice 4 de l’échelle de Turin. De nouvelles observations ont révisé sa trajectoire. Heureusement, le bloc rocheux de 4,7 millions de tonnes passera à vive allure à 30.000 km de la terre.

Les conséquences d’une collision 

Qu’adviendrait-il d’une collision avec la terre?  Imaginons que la  météorite nommée 2005YU55 passée à 320.000 km en novembre 2011, après avoir défrayé les chroniques scientifiques sur son risque potentiel en raison de sa proximité relative et de son envergure d’environ 400 m, ait réellement percuté notre planète : une chute en mer aurait provoqué un tsunami avec des vagues de 150m de haut. Sur terre, les conséquences de l’impact aurait été comparable à celles d’un tremblement de terre de magnitude 7 à l’échelle de Richter avec une onde de choc d’une énergie équivalente  à mille fois celle de la triste explosion d’Hiroshima; un hiver d’impact de plusieurs mois se serait instauré avant que les nuages de poussières dans l’atmosphère disparaissent. Une collision avec une météorite de plus d’un kilomètre de diamètre pourrait mettre en danger l’humanité entière. Au XXe siècle des impacts de météorites de quelques grammes à une tonne ont été identifiés, des hypothèses demeurent, sans être vérifiées, d’impacts de gros astéroïdes comme celui qui aurait laissé l’empreinte du cratère Chicxalub au Mexique engendrant un changement climatique responsable de la disparition des dinosaures ou, plus récemment en 1908, l’explosion de Toungouska en Sibérie.

Surveillance et défense

La communauté scientifique s’est organisée pour une une meilleure approche de ces dangereux objets du système solaire. Une connaissance de leurs types de structures, de leurs densités, de leurs formes, de leurs masses est indispensable pour mieux les appréhender et en matière de surveillance, les trajectoires doivent être redéfinies à chaque nouvelle approche, en mettant en profit les techniques nouvelles d’observations. Un télescope spatial au nom évocateur de « Sentinel », conçu et financé par la fondation privée américaine B612, sera envoyé en 2017 avec  mission de traquer un demi-millions d’astéroïdes dans le système solaire voisinant.  Mais si le pire advenait, si une menace se confirmait, serions nous inévitablement condamnés ? Ce domaine de la science qu’est l’astronomie illustre encore une fois l’extraordinaire capacité de l’humanité à innover, à concevoir en repoussant sans cesse les limites de l’impossible. Des scenarii stratégiques sont  projetés et parmi les acteurs de cette défense d’un autre type, le CNES joue aussi un rôle important. Ils vont de l’explosion de l’objet céleste encombrant, à la modification de son poids par ajout de masses afin de  modifier sa trajectoire en passant par le lancement de « tracteurs gravitationnels » qui repousseraient ces astéroïdes. Edward Lu, un scientifique formateur de cosmonautes à la NASA et cosmonaute retraité, nous rassure  quand il affirme avec un flegme anglo-saxon : « Nous cherchons et nous trackons les astéroïdes menaçants avant qu’ils nous aient trouvés ».                              Claude Marchis

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :