Publié par : Claude Marchis | 1 juin 2013

La lueur du Commencement

Paru dans le tarn Libre du 31 mai

La lueur du Commencement         mai 2013

Fiat Lux ! Et la lumière fut … pour nous faire découvrir le monde et embellir nos instants. Elle nous vient du soleil et des milliards d’étoiles qui brillent dans la voûte céleste. Si hantés par une saugrenue idée, nous réussissions à les éteindre, l’obscurité ne serait pas totale. Une lueur extrêmement ténue, venue de très loin, serait perceptible. C’est la lumière fossile, celle qui embrasa l’univers au moment de sa création, il y a 13,7 milliards d’années. Un univers en expansion

Cette lumière, nommée fond diffus cosmologique, intéresse au plus haut point les chercheurs car elle porte en elle des informations sur la création du monde. Prédite par George Gamow dans les années 40 et découverte par hasard en 1963 par des astrophysiciens de la compagnie de télécommunications Bell, elle confirme une des thèses du Big-Bang qui spécule l’existence d’une lumière jaillissant de l’origine de l’espace et du temps..

Selon cette théorie et celle de la physique des particules, dès les premiers instants du monde, aux milliardièmes de milliardièmes de seconde, dans cet univers naissant, concentré à des dimensions millimétriques, extrêmement dense et chaud, des particules de la matière se créent puis s’entrechoquent et s’annihilent en émettant des photons de lumière dans une débauche d’énergie. Dans cet univers qui commence son expansion, durant une période extrêmement courte, appelée « inflation », s’opère un ballet de nucléosynthèse avec des particules de matière, de bosons, d’antiparticules … Il faudra attendre l’instant du 100 000ème de seconde et un brusque refroidissement à mille milliard de degrés pour que les quarks, éléments fondamentaux de la matière ordinaire, s’associent enfin pour former les composants des noyaux d’atomes : des protons et des neutrons. A ce stade, dans ce gaz ionisé, la lumière est emprisonnée par les électrons libres du fait d’une température trop haute . Durant son expansion la densité de l’univers baisse et se refroidit. Il faudra attendre 350 000 ans pour que la lumière cosmique puisse s’échapper et que les protons s’allient aux électrons pour former les premiers éléments de l’univers : l’hydrogène et l’hélium.

Aujourd’hui, lorsque la lumière de l’origine du monde ou « Cosmic Microwave Background », atteint notre environnement terrestre, sa température, mesurée par la sonde spatiale « Kant » lancée en 2009, est à 2,7 K au dessus du zéro absolu, avec de très légères variations selon les directions. Or ces variations correspondent à des variations de densité de la structure de l’espace. Elles auraient constitué un effet gravitationnel qui serait à l’origine de la formations des briques de l’univers : galaxies, amas, super-amas. Après COBE et WMAP lancés en 1989 et 2001, WMAP a amassé des données et confectionné une carte des températures à haute résolution du fonds de rayonnement primordial qui permettront aux physiciens d’éclairer le mystère de la création du monde et de valider certaines lignes de la théorie du big bang.carte de température de l'univers mesuré par Planck

Cosmologie et religion

La science cosmologique, victime de son ambition à dénouer les mystères de la nature, se situe malgré elle à la marge du religieux. Cependant, aucun scientifique n’a la volonté d’apporter des réponses au dogme de la Création. Les astrophysiciens, dont la finalité est de décrire les phénomènes de la nature, conçoivent que le champ des découvertes est infini et l’espérance d’apercevoir un jour la main de Dieu dans leurs découvertes n’est qu’utopie. La voie de la doctrine catholique n’est pas la même que celle des scientifiques. Les Hommes de foi apportent du sens à notre existence dans un univers mystique se référant à la création divine. Bien que les limites de la connaissance sont sans cesse repoussées, le chapitre de la Genèse garde encore tout son sens. En s’immisçant quelque peu dans l’exégèse et en relisant les premières lignes de la Genèse, n’y aurait-il pas à réinterpréter les concept de certains mots de l’ancien texte et parvenir ainsi à une certaine conciliation. Beaucoup d’hommes d’église sont passionnés par la cosmologie. Ainsi, ordonné prêtre en 1923, Monseigneur George Lemaître, un passionné d’astrophysique devenu célèbre, fut l’un des précurseurs de la théorie du big bang, théorie très sérieuse malgré son appellation attribuée ironiquement par des scientifiques dubitatifs dès sa parution. Lemaître spécula l’expansion de l’univers à partir d’un temps zéro et détermina sa vitesse radiale établie à 600 km/sec/megaparsec, données vérifiées depuis par les études du fonds de rayonnement. Les résultats de ses travaux n’eurent pas l’audace d’inquiéter le pape Pie XII qui jugea ses travaux sur la cosmologie compatibles avec la doctrine catholique. Claude Marchis

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