Publié par : Claude Marchis | 5 août 2013

Ecologie : mutation ou décadence ?

Publié dans le Tarn Libre du 9 août 2013

Ecologie : mutation ou décadence ?

L’évolution manifeste de la vie sociale et politique, les flux et reflux des tendances politiques rythmés par de multiples élections ne peuvent occulter la quasi-permanence et le rôle prépondérant  de l’écologie. Les Verts se maintiennent au devant de la scène politique. Audace ou dérision ? Car avec une faible représentation électorale de 18 députés sur 577, un score misérable de 2,3 % au premier tour des présidentielles, malgré une popularité réellement basse, principalement dans les couches sociales les moins favorisées, celles du labeur,  qui ressentent plus durement leurs directives souvent coercitives, les « écologistes » maintiennent un cap  de plus en plus drastique et ont droit de cité dans les gouvernements. Bien que les électeurs aient boudé les listes écologiques, les élus font leur font bonne mine et choisissent une stratégie de partenariat au lieu de les écarter. Aussi ce mouvement vert a t-il imprégné nos consciences comme un postulat existentiel, s’est-il haussé comme valeur universelle, religion dont il vaut mieux en être adepte au risque sinon de passer pour un goujat, un irresponsable ou un « abruti » pour reprendre le qualificatif  qu’utilisa Corinne Lepage, le 15 novembre 2012 dans une émission de France Culture, envers ceux qui osaient  controverser le réchauffement climatique.

Une alliance plus ou moins feinte entre écologistes et  parti socialiste s’est établie et se maintient malgré quelques heurts qui par intermittence défrayent la chronique: une alliance qui convient bien aux écolos car elle leur permet dans bien des cas, une certaine réussite dans la concrétisation de leurs idées. En effet, le socialisme dans son attachement au progressisme, laisse filtrer, quand il détient le pouvoir,  cette propension dissimulée et sournoise, dont il ne peut se débarrasser, à vouloir conduire d’une manière trop ferme les citoyens en leur montrant le chemin à suivre, réduisant furtivement les espaces de liberté.

Ainsi, malgré une faible représentation, la force des verts ne s’est pas affaiblie et leurs idées continuent à s’insuffler dans la conscience des populations. L’écologie est-elle un effet de mode ou bien certaines personnes perçoivent-elles derrière l’écran de ses concepts de nouveaux espaces de pouvoir où peuvent affleurer des instincts de domination d’une population, il est vrai, propice à la soumission, ou plus largement encore, offrirait-elle un tremplin à de nouvelles affaires commerciales à d’autres, alléchés par cette nouvelle manne de profits que suscite une étiquette verte? Certes, face à ces attaques virulentes dénuées  du «politiquement correct» hypocrite, les apôtres du dogme rétorqueront sans coup férir qu’il est de la responsabilité du citoyen d’adopter une attitude de préservation de notre planète, après l’avoir bien mise mal en point.

La raison du paradoxe “représentation faible-réussite” viendrait-elle du fait que l’écologie se positionne au-dessus des partis, se profilant mieux comme une référence de valeurs idéales et universelles inculquées et vivons-nous de nouvelles heures de despotisme? Son insistance, cette capacité à s’imprégner dans les mentalités viendrait plutôt d’un idéal passé. C’est en effet oublier que l’écologie, déjà ancienne, possède ses lettres de noblesse. C’était un esprit nouveau qui émergea au milieu du XXe siècle, après la guerre mondiale,  par des actions courageuses de défense de l’environnement et des animaux, un combat pour une véritable symbiose de l’homme et de la nature. Plus qu’un courant, qu’un mode pensée, c’était véritablement un renouveau de l’existence en brisant la centralité de l’homme et en le positionnant dans une relation équilibrée avec son environnement.  L’écologie pionnière rompait avec l’excès, l’égoïsme, le consumérisme et  prônait une responsabilisation des populations pour un bien-être meilleur dans le  respect de la nature et des autres. Dans cette nouvelle intimité, désormais, tout n’était plus permis pour l’homme, fut-ce un prix à payer pour apprendre à apprécier, contempler dans cette nouvelle osmose avec la nature et percevoir la richesse et la beauté des paysages, la force du soleil, la vitalité, l’harmonie des corps loin de toute tendance excessive de jouissance des richesses du monde, de domination, sans rejeter les progrès techniques qui permirent aux hommes et aux femmes d’avancer, de découvrir, de fabriquer des machines qui l’affranchirent  de l’exécution des tâches pénibles et épargnèrent la souffrance de l’animal dans les travaux les plus durs. Le chemin vers une nouvelle existence était tracé, une voie ouverte par ces pionniers écolo, une voie peut-être trop béante car beaucoup s’y engouffrèrent avec des objectifs souvent bien différents et des théories fort divergentes. Aujourd’hui, l’ambition a remplacé l’empathie, l’arrogance le respect, le recours incessant des  contraintes et des  réglementations  nuisent à la liberté, l’instinct de domination a repoussé l’humilité, la peur la confiance, la véhémence la modération. Que de discours, que de sermons que d’injonctions  qui aujourd’hui se cristallisent vite, avec la complicité des élus politiques, en  contraintes et  tracasseries envers le peuple comme si ces nouveaux tartuffes voulaient  le protéger d’une prétendue souillure de notre civilisation. Maintenant, l’écologie par un inimaginable retournement, fait peur alors qu’elle illuminait nos consciences.

Claude Marchis     Le Masnau-Massuguiès, Tarn

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Responses

  1. je pense que la petite lumière est toujours là, mais elle devient tremblotante au vu des aléas des écologistes qui se conduisent en politiciens ! la confiance, de ce fait, se rétrécit, car ce parti devient un parti comme les autres qui acceptent des compromis là où il faudrait être ferme ! si nous voulons que nos enfants et petits enfants aient une vie meilleure, ou plus éxactement une vie tout court, il faudrait que la philosophie de ce monde change et que l’homme avec ses valeurs soit reconnues comme véritables et non comme étant ringardes !

    • je pense que la petite lumière est toujours là, mais elle devient tremblotante au vus des aléas des écologistes qui se conduisent en politiciens ! La confiance, de ce fait, se rétrécit, car ce parti devient un parti comme les autres qui acceptent des compromis là où il faudrait être ferme ! Si nous voulons que nos enfants, et petits enfants, aient une vie meilleure, ou plus exactement une vie tout court, il faudrait que la philosophie de ce monde change et que l »homme avec ses valeurs soit reconnu comme véritables et non comme étant ringardes !


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