Publié par : Claude Marchis | 22 octobre 2013

Objectif Mars

Publié dans le Tarn Libre du 18 octobre 2013

Objectif Mars

Objectif Mars

Les réussites de Mars Science Laboratory et du rover Curiosity ont dynamisé la recherche spatiale. L’aventure mythique d’un homme sur Mars se concrétise désormais en un objectif réaliste . Depuis son atterrissage du 6 août 2012, Curiosity a accompli la première partie de sa mission avec une extraordinaire efficacité. Véritable laboratoire ambulant autonome équipé de dix instruments d’observation et d’analyse, en liaison avec les équipes terrestres par un système de communication complexe relayé par trois orbiteurs martiens, le robot Curiosity procéda aux analyses du sol martien et de son atmosphère. Il photographia en haute résolution l’environnement, réalisa lui-même son auto-portrait et envoya à la communauté scientifique une véritable moisson de données. Celui que le monde entier considère déjà un conquérant planétaire, a quitté la région baptisée Gleneg, premier lieu d’investigation situé à 600 mètres du point d’atterrissage, et se dirige maintenant vers les premiers contreforts du Mont Sharp à 8 km qu’il devrait atteindre à la fin de l’année. Son dur labeur incessant dans un environnement désertique, a confirmé les mesures réalisées par l’atterrisseur Viking en 1976 sur la composition d’une atmosphère en argon, azote, oxygène, monoxyde et dioxyde de carbone. Mars, planète d’une taille environ égale à la moitié de la Terre, naquit sous la même étoile, il y a 4 ,5 milliards d’années mais elle vieillit prématurément par les effets des érosions éoliennes ou météoriques. Il s’avère cependant, d’après les informations fournies par Curiosity, que Mars fut apte à accueillir la vie microbienne mais ses détecteurs ne purent déceler du méthane, gaz attestant une vie organique courante, ce qui pourrait apparaître décevant pour ceux qui avaient encore l’espoir de rencontrer des petits hommes verts.

De l’eau sur Mars

L’eau sur la planète Mars est une des clefs de son habitabilité. Curiosity et les robots qui le précédèrent, avaient révélé des signes de présence ancienne du liquide vital, notamment par l’étude de la structure de son sol montrant des endroits de roches lissées, en forme de lits de rivière ou de torrents. Une nouvelle plus réjouissante pour les futurs cosmonautes fut annoncée tout récemment, en septembre 2013 : Curiosity a trouvé de l’eau. Qu’on ne se méprise pas, on n’en trouvera pas sous forme de lac ou de torrent au fond d’une vallée mais un des instruments à bord du robot, le Chemcam, capable d’analyser un plasma de particules d’éléments minéraux créé par l’énergie d’un rayon laser, a confirmé la présence d’éléments lourds comme le fer ou le magnésium « hydratés ». Deux pour cent du sol martien serait constitué d’eau. Cette eau sur Mars pourrait être utilisable par les futurs voyageurs sur la planète rouge.

self-portrait

Voyages sur Mars avec ou sans retour

L’évolution de la maîtrise des techniques de lancement et d’atterrissage et les étonnantes capacités d’un robot à chercher avec autant d’efficacité que celle d’un humain, suscite une question : quand enverra t-on un homme sur Mars ? Les réponses ne se sont pas fait attendre. Des entreprises privées se sont alignées dans cette ambition de conquérir la planète rouge comme ce projet hollandais, de Bas Landsorp, associé avec Paul Römer, le créateur de la première émission de télé-réalité. Il serait prêt à investir 5 milliards d’euros dans un projet fou d’envoyer des candidats en aller simple sur Mars, sans retour, en 2023. Avec des conditions de sélection extrêmement simples, la limite d’âge paraissant la seule, huit mille cosmonautes amateurs à ce jour seraient prêt à se sacrifier. Landsorp, s’est excusé néanmoins de ne pas posséder la connaissance d’une technologie de retour !

Autre projet plus réaliste dont l’échéance se situerait en janvier 2018, le Californien passionné du cosmos devenu homme d’affaires, Denis Tito, connu pour être le premier touriste de l’espace dans une des missions Soyouz, laquelle comportait un arrimage à la Station Internationale, se tournerait vers le lanceur SpaceX, pour réaliser son ambition d’envoyer un équipage, probablement un couple, dans un voyage autour de Mars, sans atterrissage.

Au mois de mai, la NASA a communiqué son intention d’envoyer des cosmonautes dans les années 2030. Pour le moment, l’instance la plus crédible, l’agence américaine renommée pour ses exploits en matière spatiale, tempère l’excitation ambiante dans cette grande aventure en affirmant qu’elle ne dispose pas aujourd’hui d’un budget suffisant pour sa réussite. Face à ces nouveaux défis, ingénieurs et scientifiques devront démêler l’inextricable nébuleuse de difficultés pour aller sur Mars. Nous en verrons ultérieurement quelques uns, d’ordre technologique ou de nature humaine, dans une deuxième partie de cette synthèse pour un objectif vers Mars.

Claude Marchis

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