Publié par : Claude Marchis | 2 novembre 2013

OBJECTIF MARS, LES DEFIS

Publié dans le Tarn Libre du 1er novembre 2013

OBJECTIF MARS, LES DEFIS

Falcon_Heavy

Un homme sur la planète Mars semble aujourd’hui possible mais  les ingénieurs de l’espace auront à relever de nouveaux défis pour cette exceptionnelle aventure. Parmi les obstacles, celui de la dangerosité des radiations cosmiques et solaires pour les futurs cosmonautes semble être écarté grâce au travail du robot Curiosity. En effet, les mesures réalisées par un de ses instruments ont montré que la protection de l’ atmosphère martienne est suffisante pour que les radiations soient passablement tolérées. De plus, le bouclier de protection relativement modeste autour du vaisseau spatial durant son long voyage a prouvé son efficacité à protéger un équipage. Ce type de risque est dorénavant considéré comme acceptable, surtout pour un astronaute qui devra accepter  les risques d’une mission dangereuse.

Le plus grand défi dans un voyage inter-planétaire consiste à aller de plus en plus vite. Il s’agira de concevoir des lanceurs et des vaisseaux capables d’envoyer de lourdes charges à grande vitesse. Une mission habitée sur Mars nécessitera plus de 50 tonnes de matériel à envoyer, un poids nettement supérieur à la charge utile de 3900 kg qui fut nécessaire pour lancer Curiosity, emportée par Atlas V, une  fusée capable cependant, d’enlever 20 tonnes de charge. Outre le matériel scientifique, le matériel nécessaire à la vie et au confort des cosmonautes, la masse à lancer devra intégrer le vaisseau de transit qui permettra à l’équipage et au matériel de s’éjecter de l’orbite terrestre pour le long périple terre-mars ainsi que celle d’une navette d’atterrissage. Le voyage de Curiosity a duré sept mois et demi. Les ingénieurs devront concevoir le digne successeur de Saturne V du programme Apollo. Déjà, la NASA a conçu un lanceur, le Space Launch System, dont la charge utile sera de l’ordre de 70 à 1OO tonnes. Son vol inaugural est prévu en 2017. L’opérateur privé SpaceX a projeté le développement du lanceur lourd Falcon Heavy capable d’emmener 53 tonnes de charge. Ces nouvelles  fusées seront équipées comme aujourd’hui de moteurs à combustion chimique mais des études de moteurs à propulsion nucléaire thermique sont en cours, ceux-ci seraient opérationnels dans quelques décennies.

Une barrière psychologique

Quelques soient les innovations technologiques dans le domaine spatial, le futur voyage interplanétaire ne pourra réussir sans une préparation psychologique intense des membres de l’équipage. Dans ce long voyage d’environ 17 mois, une durée inédite de séjour dans l’espace, les astronautes seront  constamment soumis à de rudes épreuves. Il leur faudra combattre l’ennui, l’isolement, l’angoisse de la défaillance technique qui pourrait leur être fatale. La maladie leur est interdite, ils devront supporter les effets de l’absence de pesanteur, supporter des taux de  radiations plus élevés que sur terre, comme ils devront savoir vivre en communauté dans un environnement restreint. Aujourd’hui, des astronautes exécutent des missions de six mois à tour de rôle dans la Station Spatiale Internationale en orbite basse autour de la terre. Leur expérience sur l’organisation de la vie à bord sera très utile à ceux qui effectueront le grand pas interplanétaire. Mais ce sont d’autres exploits, d’autres difficultés qui attendent les futurs aventuriers de Mars. Après la mise en orbite autour de la terre, ils devront se lancer pour le long périple afin d’atteindre la planète de nos romans de science-fiction d’antan et se prêter à des manoeuvres difficiles et risquées.  Les communications avec la terre seront précaires au long de cette « mission impossible ». Avec un temps de latence de 13 minutes, les liaisons seront interrompues par les révolutions des planètes.

En juin dernier, la NASA a sélectionné huit candidats astronautes américains, quatre hommes, quatre femmes. Ils rejoindront les quarante-neuf astronomes actuels pour des missions spatiales dont l’une d’elles pourrait être d’aller conquérir la planète rouge. Ils ont tous des profils scientifiques et des compétences en pilotage.

Pour beaucoup d’entre nous, Mars est resté dans nos mémoires comme une planète mythique, inaccessible. Aujourd’hui, il ne fait pas de doute que la plupart d’entre nous serons témoins de ce grand événement d’un  Terrien sur Mars. Une réussite, certes, mais à quel coût ! Quelles sont les véritables motivations secrètes qui nous entraînent à visiter une autre planète. Est-ce pour sauvegarder l’humanité en cas de grave danger sur notre planète, ou bien sommes-nous allés déjà trop loin dans cette conquête si proche aujourd’hui que nous ne pouvons plus renoncer ? Ou ne serait-ce, ce que rapporte le vulgarisateur scientifique Serge Brunier, une illusion bien légitime après tout, celle « d’aller toucher les étoiles ».

      C Marchis

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