Publié par : Claude Marchis | 10 mars 2014

GAIA, explorateur de l’univers

Publié dans le Tarn Libre du 7mars 2014, chronique « Découvertes »

GAIA, explorateur de l’univers

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Kourou, 19 décembre 2013, la fusée russe Soyouz lance ses 415 tonnes. Deux minutes et deux secondes après, les quatre boosters sont largués, la fusée se débarrasse de sa coiffe de protection thermique devenue inutile hors de l’atmosphère, et positionne avec une précision d’horloger sur une orbite calculée le satellite GAIA, joyau d’un système orbital d’observation dont la lourde tâche sera de dresser une cartographie en 3D de notre galaxie.

Ces scenarii de lancements spatiaux de plus en plus fréquents, sûrs et efficaces, n’émeuvent plus l’opinion et laissent souvent insensibles les media. Cependant GAIA pourrait se distinguer et mériterait une attention particulière. La sixième mission du programme scientifique de l’agence spatiale européenne qui s’inscrit parfaitement dans une stratégie de recherches internationales est qualifiée de « pierre angulaire » de  l’exploration du cosmos.

Gaia aura à analyser quelques centaines de millions d’objets célestes soit un dixième de ce que contient notre galaxie ! Il devra mesurer les distances, analyser les mouvements, les éclats, les vitesses radiales des étoiles , des étoiles naines brunes ou blanches, des astéroïdes du système solaire, des quasars, bref offrir aux scientifiques une masse de données à exploiter.

Une technologie de pointe

Conçu et réalisé par Astrium, Gaia nouveau prodige de la technologie spatiale né des  chantiers toulousains, apparaît comme le plus évolué des  systèmes orbitaux et d’exploration spatiale jamais réalisé en Europe. Il emporte à son bord deux télescopes à très haute résolution qui formeront des images superposées et des instruments de pointe en analyse astrométrique et spectrométrique. Ce satellite- laboratoire de 2 tonnes transmettra environ cent vingt gigaoctets de données par jour en flux continu à la communauté scientifique au sol jusqu’en 2020, de quoi dresser une encyclopédie de la Voie Lactée et étayer les théories de l’origine de l’univers et de son évolution. Gaia est arrivé à son point de destination le 8 janvier, à 1,5 million km de la terre, au point nommé Lagrange 2, un endroit diamétralement opposé au soleil,une zone de l’espace privilégiée où le satellite disposera d’une certaine stabilité. Il devra scruter la voûte céleste et, avec une précision 50 fois plus grande,  compléter l’œuvre de son prédécesseur Hypparcos, lancé en 1989 et arrêté en 1993. Hypparcos, malgré quelques difficultés de trajectoire, réussît à dresser un catalogue d’étoiles et à fournir des informations sur la structure et la dynamique des galaxies.

Une masse de données à exploiter

Après un lancement parfaitement réussi, Gaia est désormais opérationnel. Un télescope aussi performant et puissant implique une organisation adaptée et efficace  à la réception et l’étude des données dans cette véritable mission archéologique de notre galaxie. Huit unités de coordination de recherches internationales ont été mises en place. Au sein de l’une d’elles, celle de  l’observatoire Paris-Meudon, Le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) est engagé dans le projet et aura à constituer une base de données spectrométriques (données fournies par analyse des rayonnements) en partenariat avec l’observatoire de Paris et de quelques membres du Laboratoire Universitaire des Particules et de la Matière (LUPM) à Montpellier sous la houlette du Dr G.Janiewicz. Le LUPM est responsable du fonctionnement de l’analyseur de vitesse radiale d’objets célestes embarqué à bord du satellite et de logiciels de calcul des vitesses qu’il a développés .

Comme tous les grands projets de ce siècle, la 6ème mission astronomique européenne mobilise des ressources financières et intellectuelles internationales et devra son succès en grande partie à sa dimension mondiale. Mais, quelque part dans le monde, le projet Gaia, au-delà de son objectif d’éclairer l’homme dans la découverte de l’univers, saura aussi flatter la fierté des citoyens de nos régions, mettant en évidence la maîtrise technologique spatiale toulousaine et l’ingénierie audacieuse de Montpellier.

Claude Marchis

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