Publié par : Claude Marchis | 23 juin 2015

New Horizon, à l’approche de la planète Pluton

New Horizon, à l’approche de la planète Pluton

Publié dans le Tarn Libre du 3 juillet 2015

                                                                                                                                                                                                                                  Parmi les découvertes spatiales de ce siècle, il en est qui captivent plus particulièrement le d3fe4c9de4_newHorizons_Pluton_2015_JHUAPL_SwRI_02public. Ces dernières années, un robot laboratoire au nom évocateur de Curiosity fut déposé sur Mars, un atterrissage plus ou moins réussi de Philae sur une comète en route vers le soleil intrigua toute la population et peutêtre dans un futur proche, assisterons-nous aux premiers pas de l’homme sur Mars, l’ultime exploit du 3ème millénaire ? Or, dans quelques jours, le 14 juillet 2015, notre jour de fête nationale sera aussi le jour de gloire de la conquête spatiale. New Horizon, un télescope spatial de la NASA, lancé en 2006, après un périple de neuf années à une vitesse 30000 km/h, atteindra une planète nommée Pluton située aux confins du système solaire.

Les planètes lointaines ont depuis longtemps intéressé les astrophysiciens. La route avait été ouverte en 1989 par la sonde Voyageur 2 afin d’étudier Neptune et sa lune Triton. Plus loin c’était l‘horizon encore inconnu, où se situe Pluton, vers la « Ceinture de Kuiper » où rodent de nombreux débris rocheux provenant probablement d’anciennes planètes désagrégées. Aujourd’hui, au fur et à mesure de son approche, New horizon nous dévoile les mystères de ces objets lointains du système solaire.

Cette mission de longue durée commanditée par la NASA a été confiée à Alan Stern, leader d’une équipe de chercheurs et d’ingénieurs en partenariat avec l’université John Hopkins, l’université de Stanford, des instituts de recherche, des entreprises privées de l’espace. Depuis plusieurs mois, le télescope embarqué dans le vaisseau spatial New Horizon transmet à la terre des images de cette planète plus petite que la lune, de 2300 km de diamètre, située à 4,7 milliards de km de la terre. Pluton fut découverte en 1930 par l’astronome américain Clyde Tombaugh. Toutes ces données permettront de déterminer sa structure, son atmosphère. Y aurait-il des océans sous une croûte de glace comme certains satellites de Jupiter ou son intérieur serait-il agité avec des éléments lourds radioactifs, comme Triton le satellite de Neptune ? Déjà, un des instruments embarqués dans le vaisseau spatial, l’imageur LORRI, nous révèle une surface structurée comme un puzzle avec des zones claires alternées avec des zones sombres. Dans les prochains jours, les données recueillies devraient apporter des réponses à cette énigme. Les cinq lunes de Pluton ont été confirmées. L’une d’elles, Charron, atteint 700 km de diamètre, une taille gigantesque par rapport à celle de la planète. Les systèmes d’imagerie à bord permettent aussi de s’assurer que la voie ne contient pas obstacles dans cette région relativement chaotique, une collision, même avec un débris rocheux de petite taille pourrait compromettre la réussite du projet. New Horizon dispose d’un propulseur qui lui permet de corriger sa trajectoire, une correction a été réalisée le 14 juin afin d‘améliorer l’approche du vaisseau spatial auprès de Pluton.

Après le 14 juillet, New Horizon continuera sa route. Un long chemin restera à parcourir pour s’échapper de l’étreinte des forces gravitationnelles et magnétiques du soleil. Puis si tout va bien, New Horizon pourrait atteindre un système stellaire étranger… dans 200 ans. Ce long voyage à une allure folle de New Horizon vers Pluton apportera sans aucun doute des informations précises à Alan Stern et son équipe afin de mieux comprendre notre système planétaire. Mais cette mission du lointain nous a permis aussi d’évaluer l’immensité de l’espace. Il a fallu une décennie pour atteindre cette planète de notre propre étoile, alors qu’il existe des milliards d’étoiles dans l’univers dont la plupart possèdent, elles aussi, des planètes. L’aventure spatiale se situe toujours entre réalité et fiction, la fiction c’est d’aller plus loin, certes, elle a tendance à céder le pas. Mais atteindrons-nous la limite? Il faudra de nouveaux moyens techniques mais plus sûrement un esprit créatif de recherches basées sur des théories gravitationnelles audacieuses pour que nous puissions enfin toucher d’autres étoiles.

Claude Marchis

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