Publié par : Claude Marchis | 11 octobre 2015

A la recherche de nouveaux mondes

6 octobre 2015, Le Masnau

A la recherche de nouveaux mondes

Exoplanets

Image d’artiste/NASA

La nouvelle a déferlé cet été. Une planète, l’une des milliards d’étoiles de notre galaxie, aurait les mêmes caractéristiques que celles de notre Terre, à tel point semblable qu’elle fut vite baptisée « la planète-sœur ». L’intérêt quasi général suscité par l’annonce du 23 juillet à propos de la découverte de Kepler 452b a certes encouragé les efforts des comités scientifiques de chasse aux exoplanètes mais aussi montré la sensibilisation de l’opinion aux nouveaux défis du XXIe siècle, ceux qui engagent les chercheurs du monde entier à la découverte de terres nouvelles et de vie ailleurs dans ce vaste univers qui nous en entoure. L’idée de vie extra-terrestre s’est dorénavant intégrée dans l’esprit de l’homme de la rue.

C’est en 1995, qu’on découvrit la première exoplanète et depuis, en moins de deux décennies, le nombre de leurs découvertes n’a pas cessé de progresser grâce aux recherches à partir de télescopes terrestres et en utilisant des technologies et des méthodes ingénieuses et efficaces. Mais c’est aussi aux télescopes spatiaux que l’on doit cette profusion soudaine d’exoplanètes. Lancé en 2009, le télescope spatial Kepler est chargé de scruter un carré du ciel d’un peu plus de 10° sur 10°, situé dans la constellation du Cygne. En cinq ans, Kepler a analysé 150 000 étoiles, 700 d’entre elles possèdent des planètes et à ce jour 3845 planètes ont été détectées dont 1877 furent confirmées, parmi lesquelles, une dizaine furent qualifiées par les astrophysiciens comme earth-like, c’est à dire semblable à la Terre .

Dans cette manne, la planète-sœur K 452b s’est distinguée par le fait qu’elle orbite autour d’une étoile comparable à notre soleil, à une distance relativement égale à celle de la Terre au soleil avec une révolution de 385 jours. Elle se situe dans la zone dite « d’habitabilité » de l’étoile, ce qui signifie que les conditions y sont réunies pour que la planète-sœur puisse être habitable, voire même que l’on puisse y déceler des traces de vie. D’une taille de 60 % plus importante que la Terre, elle disposerait d’une atmosphère. Bien qu’elle soit lointaine, à 1400 années-lumière, malgré l’insuffisance de critères d’habitabilité, le coup de force médiatique de cet été a promu K452b au titre de symbole dans la recherche extra-terrestre. Cependant, ses différentes caractéristiques planétologiques (constitution atmosphère, du sol , champ magnétique, présence d’eau) restent à découvrir tandis que la chasse aux exoplanètes continue.

Dans ce vaste projet international, l’Europe a sa part avec le télescope spatial de l’ESA nommé Gaïa, lancé en décembre 2013. Les équipes de chercheurs parmi lesquelles figurent celles du CNES et du LUPM de Montpellier auront à dresser une cartographie précise d’une partie de la voûte céleste, de mesurer avec une précision extrême les positions et les distances des astres par rapport à la terre, fournissant ainsi des données déterminantes pour différents types de missions de recherche astronomique. La courbe des découvertes de nouveaux-mondes de l’univers prendra véritablement son ascension lorsque le télescope spatial géant James Web Space sera mis en service en 2018. Développé par la NASA et les agences spatiales européenne et canadienne, le télescope JWST muni d’un miroir de 6,50m, soit près de 3 fois la taille du miroir de Hubble, contribuera notoirement à l’étude des systèmes exoplanétaires.

Des images réelles d’une planète

Jusqu’alors les exoplanètes ne pouvaient être observées directement. Situées à des distances interstellaires, elles étaient détectées par la lecture d’informations qui attestent leur présence. Celles-ci proviennent de l’analyse des interactions de certaines étoiles avec leurs planètes éventuelles en mesurant les variations de lumière ou de positionnement des étoiles et les effets de la gravitation. Nous ne développerons pas ici ces outils perfectionnés qui resteront longtemps indispensables aux recherches. Cependant en 2015, heureuse année pour l’astronomie, des chercheurs purent capter les images d’une planète orbitant autour d’une étoile nommée Beta Pictorus, située à 63 années-lumière en direction de la constellation du Peintre, apportant ainsi la preuve tangible de l’existence des exoplanètes, les spéculations ou les déductions logiques ne suffisant malheureusement pas à nous convaincre totalement. Un instrument d’imagerie GPI développé par la NASA, placé sur le télescope terrestre Gemini situé au Chili, permet de dissocier la lumière émise par l’étoile de celle de la planète, exactement comme si l’on distinguerait une flamme de bougie devant un projecteur. Le champ d’application de cet outil fabuleux est large, de la chasse aux planètes à l’analyse de la lumière des éventuelles atmosphères dans le but de déceler des indices de présence de vie.

Selon les astrophysiciens, en moyenne, une étoile sur cinq posséderait une planète habitable ou selon l’humour anglo-saxon une « earth 2.0 » (terre version 2). Cette hypothèse donnerait le tournis à plus d’un quand on sait que notre galaxie contient quelques 300 milliards d’étoiles. L’invariance de la structure des objets de l’espace, des lois de la matière, des forces en jeu de la mécanique céleste autorise à transposer ce ratio de 1 sur 5 à l’échelle de notre galaxie, ce qui nous amène au nombre fabuleux de 100 millions d’exoplanètes ou 100 millions de nouveaux mondes possibles. Le Créateur a prêté à l’Homme l’intelligence suffisante afin de comprendre la Nature. De cet Univers, dont il a acquit depuis des siècles une connaissance considérable, ne lui est-il pas aujourd’hui légitime de croire à la vie extra-terrestre ? Même si aujourd’hui nous n’avons pas de preuve, les astrophysiciens, les « Christophe Colomb » du XXIe siècle, considère que le postulat d’une vie possible seulement sur notre propre planète est devenu désuet sinon absurde. Déjà la NASA a fixé ses objectifs avec comme point de mire la recherche de l’intelligence extra-terrestre, un physicien de la SETI Institute, Franck Marchis, la citant comme le Graal de l’astronomie.

Nous sommes à la naissance d’une grande aventure. Une force irrésistible entraînera inévitablement les scientifiques à s’investir dans ce que l’on peut considérer comme une nouvelle curiosité. Des projets, des débats, des réflexions s’organisent. Le mystère de la vie va t-il se dévoiler en s ‘élargissant ? Quels seront nos comportements à avoir face à ces nouvelles réalités quelque peu embarrassantes, inquiétantes? Laisseront nous s’instaurer un nouveau type de peur, celle des Aliens … jusqu’à la panique, l’hystérie ? c’est ce que nous développerons dans un future édition…

Claude Marchis

6 octobre 2015, Le Masnau

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