Publié par : Claude Marchis | 12 octobre 2015

Concert d’orgue à la Décanale, une promenade lyrique

Concert d’orgue à la Décanale, une promenade lyrique

On s’étonne toujours de ce que les cathédrales et les églises, comme celle de la Décanale Saint-Loindexuis à Sète, peuvent apporter à l’art musical. Tout y est enjolivé, amplifié, sons et silences s’enrichissent d’un caractère majestueux imposé plus par l’architecture grandiose du site que par une quelconque adaptabilité acoustique du bâtiment. Les orgues ont sonné ce dernier jeudi, quand Alain Cahagne a prêté tout son talent à exécuter des transcriptions d’opéra du grand XVIIIè siècle. Inutile de commenter la technique de ce virtuose des claviers d’orgue et de clavecin, même si on est tout de suite impressionné par la fluidité de son exécution et de sa capacité à révéler des émotions cachées.

Alain est aussi pédagogue. Il enseigne la musique ancienne et ses concerts sont toujours teintés par une envie indéniable de transmettre aux auditeurs la passion de la musique. Il nous a guidé dans la compréhension d’œuvres de deux compositeurs de l’époque baroque Haendel et Rameau dont l’interprétation colorée, légère et souple des Indes Galantes ne peut échapper à n’importe quel mélomane. En deuxième partie, ce fut pour beaucoup une découverte. Il s’agissait des Sonates Bibliques, un genre d’œuvre quasi unique de l’érudit Johann Kuhnau, dont les interventions musicales à l’orgue illustrent et ponctuent des textes d’inspiration biblique. Ceux-ci furent dits par Marie Cahagne avec beaucoup d’aisance et de sincérité, la voix claire, un tantinet ingénue de la fille du concertiste contrastant avec bonheur sur les propos plutôt belliqueux de la « Suonata Prima, Il Combattimento tra David e Goliath ».

Au cours du récital, Alain Cahagne n’hésita pas à franchir les trente-sept marches de la tribune à maintes reprises pour donner au public des informations sur les œuvres. Ombre au tableau, il est vrai qu’il n’étaient pas nombreux à écouter ces chefs-d’œuvre. Alain est un artiste, il a forcément le respect du public. Qu’importe leur nombre, ceux qui aiment la musique et se sont déplacés méritent autant d’égard à leur encontre. La raison d’un public peu étoffé s’explique principalement par le fait que «l’association des amis de l’orgue » qui procédait auparavant à l’organisation des concerts à la Décanale n’existe plus depuis la disparition de son président Alain Hyraille. Depuis la récente dissolution, d’autres se sont mis à l’œuvre pour maintenir des prestations de concerts dans des conditions assez difficiles en dépassant des rivalités claniques puériles et stupides. En 2016, une nouvelle association verra le jour avec Jean-Michel Ballaster maître de chapelle, aussi organisateur de concerts et Monsieur le Curé de Sète Gérard Friou. Le Centre d’Art et de Musique Sacrée, ainsi nommée, aura entres autres, les objectifs de diffuser la protection du patrimoine sacré de la ville de Sète et la diffusion de la musique sacrée. Concernant les concerts, la qualité des prestations est déterminante dans la réussite, elle est déjà au rendez-vous, le public viendra nombreux.

Claude Marchis

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